{"id":9825,"date":"2024-01-30T15:29:35","date_gmt":"2024-01-30T15:29:35","guid":{"rendered":"https:\/\/ericdesneux.fr\/?p=9825"},"modified":"2024-08-06T20:51:09","modified_gmt":"2024-08-06T19:51:09","slug":"9825","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ericdesneux.fr\/?p=9825","title":{"rendered":"D\u00e9buts du cin\u00e9ma-spectacle, matrice des m\u00e9dias de masse ?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Brin d&#8217;id\u00e9es muries apr\u00e8s visionnage d&#8217;un documentaire sur l&#8217;Histoire de l&#8217;Am\u00e9rique, vue \u00e0 travers le Cin\u00e9ma<\/strong> et ses d\u00e9buts.. <br><br>Echo en ce d\u00e9but du XXI\u00e8me si\u00e8cle, \u00e0 ce d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle qui vit l&#8217;essor de la photographie et du cin\u00e9ma d&#8217;o\u00f9 sortira le monde m\u00e9diatique d&#8217;aujourd&#8217;hui : g\u00e9n\u00e9ralisation des \u00e9crans, addiction du public,  trust des imaginaires et manipulation des esprits. Et si tout \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en germe dans les premiers pas du cin\u00e9ma \u00e0 gros succ\u00e8s?<br><br>Marcel Gauchet dans sa trilogie sur la d\u00e9mocratie regardait la premi\u00e8re guerre mondiale comme la matrice du XX\u00e8me si\u00e8cle et de ses guerres. Enr\u00f4lement forc\u00e9 des populations, m\u00e9canisation et planification \u00e0 outrance de la production, application et utilisation cynique des forces en action&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Translation.<\/strong> Pouvons-nous regarder les d\u00e9buts du cin\u00e9ma, sis \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, comme la matrice de ce que deviendront les m\u00e9dias de nos jours ? Piques sur <em>&#8220;Naissance d&#8217;une Nation&#8221;<\/em> de Samuel Griffith, sorti en 1915, soit deux ans avant l&#8217;entr\u00e9e en guerre des Etats-Unis sur le sol europ\u00e9en (1917), intervention militaire, politique et \u00e9conomique qui mettra fin \u00e0 la guerre et imposera les Etats-Unis comme puissance  montante qui changera la face du monde.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"567\" height=\"838\" src=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/BIRTH-OF-A-NATION.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9946\" style=\"width:430px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/BIRTH-OF-A-NATION.jpg 567w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/BIRTH-OF-A-NATION-203x300.jpg 203w\" sizes=\"auto, (max-width: 567px) 100vw, 567px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Du poids du cin\u00e9ma en particulier et des m\u00e9dias en g\u00e9n\u00e9ral <\/strong>dans la formation des repr\u00e9sentations collectives. D&#8217;autant plus fort que ces arts cr\u00e9ent des fictions historiques qui flattent l&#8217;orgueil des peuples et des nations, en ne faisant qu&#8217;agiter des bouts de chiffons. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle, USA. <\/strong>La naissance du cin\u00e9ma co\u00efncide avec la naissance du nationalisme am\u00e9ricain et l&#8217;essor de la banni\u00e8re \u00e9toil\u00e9e comme embl\u00e8me. &#8220;Melting pot, waving flag&#8221;. L&#8217;Am\u00e9rique a eu besoin et \u00e0 utilis\u00e9 le cin\u00e9ma pour se construire en produisant des images simples auxquelles tout individu quelque soit son origine pouvait croire. Et qu&#8217;est ce que le film sinon un voile qui vacille dans l&#8217;espace tel un drapeau ? De voile \u00e0 drapeau n&#8217;y a t-il pas que des marques de reconnaissance qui signent, comme le marquage au fer rouge des bestiaux,  l&#8217;appartenance \u00e0 un troupeau ? Le cin\u00e9ma, faisceau de lumi\u00e8re, a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la naissance des fascismes. Le film, vaisseau de poussi\u00e8res, bande de nitrate hyper-inflammable, portait-il dans sa mati\u00e8re l&#8217;annonce des ravages de toutes les guerres \u00e0 venir ? Il a gagn\u00e9 le grand public et continue de le faire, en repr\u00e9sentant la violence &#8220;sublim\u00e9e&#8221; \u00e0 l&#8217;\u00e9cran. Retour sur la naissance d&#8217;un art qui nous prend enfant.<br><br><strong>La premi\u00e8re superproduction hollywoodienne qui est aussi consid\u00e9r\u00e9e comme le premier &#8220;grand film am\u00e9ricain&#8221;, est &#8220;<em>Naissance d&#8217;une Nation<\/em>&#8221; de Samuel Griffith (1915). Le film rapporta pr\u00e8s de 50 millions de dollars. Il fut un immense succ\u00e8s et l&#8217;objet d&#8217;une controverse d\u00e8s sa sortie, avant d&#8217;\u00eatre interdit dans plusieurs villes am\u00e9ricaines pour promulgation du racisme et du Ku-Klux-Klan (qui resurgit \u00e0 l&#8217;\u00e9poque port\u00e9 par le succ\u00e8s du film qui glorifia le monde sudiste). Il faudra attendre <em>Autant en emporte le vent,<\/em> sorti en 1939, pour le d\u00e9tr\u00f4ner au box office. 2 ans tout juste avant Pearlharbor (1941) qui signa l&#8217;entr\u00e9e des Etats-Unis dans la deuxi\u00e8me guerre mondiale soit dit en passant, comme <em>Naissance d&#8217;une Nation<\/em> (1915) pr\u00e9c\u00e9da de 2 ans l&#8217;entr\u00e9e en guerre des USA dans la premi\u00e8re (1917). <\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"650\" height=\"874\" src=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/AUTANT-EMPORTE-VENT.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9949\" style=\"width:416px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/AUTANT-EMPORTE-VENT.jpg 650w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/AUTANT-EMPORTE-VENT-223x300.jpg 223w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Co\u00efncidence ? Les deux films prennent pied et font vivre \u00e0 l&#8217;\u00e9cran, le m\u00eame monde, le monde sudiste qui porte les plaies de l&#8217;esclavage et de la guerre de s\u00e9cession dans l&#8217;Histoire nord-am\u00e9ricaine. L&#8217;un plut\u00f4t port\u00e9 sur le Thanatos, l&#8217;autre sur l&#8217;Eros. Ph\u00e9nom\u00e8ne de purge collective avant r\u00e9unification pour montrer au front ? Le cin\u00e9ma, exutoire des passions et forge des \u00e9motions. Force de manipulation. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rebond. <\/strong>Devrions nous envisager que la prochaine fois qu&#8217;un &#8220;grand film am\u00e9ricain&#8221; sur le Sud des Etats-Unis esclavagiste fait un carton dans ce pays jusqu&#8217;\u00e0 r\u00e9unir la &#8220;Nation&#8221;, nous serons \u00e0 2 ans de voir les am\u00e9ricains entrer de plein pied dans la troisi\u00e8me guerre mondiale ? Clin d&#8217;\u0153il \u00e0 <a href=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/?p=6689\">Ere de volcan<\/a> \u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment qui mettait en boite nos grosses t\u00eates politico-m\u00e9diatiques qui n&#8217;ont pas vu venir la guerre d&#8217;Ukraine ni le d\u00e9clin \u00e9conomique. Si cette boutade se v\u00e9rifie, <em>plus besoin d&#8217;analyses d&#8217;experts pour pronostiquer la prochaine guerre, le BOX OFFICE US suffira pour la peine.<\/em> Quelle magie porte donc l&#8217;image d&#8217;un film ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Savante maitrise des plans, de l&#8217;\u00e9clairage et du montage,<\/strong> <em>Naissance d&#8217;une Nation<\/em> continue d&#8217;\u00eatre \u00e9tudi\u00e9 comment\u00e9 et reconnu surtout pour<strong> la puissance de sa narration<\/strong>. Il deviendra la matrice de tous les films \u00e0 grand spectacle et celle de toute l&#8217;industrie cin\u00e9matographique qui n&#8217;aura de cesse de chercher la potion magique du succ\u00e8s, avec en toile fond la po\u00e9tique d&#8217;Aristote et<a href=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/?p=6067\"> la Caverne de Platon<\/a>. Aujourd&#8217;hui Hollywood maitrise le processus d&#8217;\u00e9criture d&#8217;un film jusqu&#8217;\u00e0 confier \u00e0 l&#8217;IA qu&#8217;elle a programm\u00e9e, le premier jet d&#8217;ecriture de ses productions, rel\u00e9guant les sc\u00e9naristes cr\u00e9ateurs de mondes et de personnages, au r\u00f4le de correcteurs et co-signataires. Verdict de la r\u00e9cente gr\u00e8ve men\u00e9e par le puissant syndicat des sc\u00e9naristes. Narration depiuis ses d\u00e9buts \u00e0 Hollywood, narratif aujourd&#8217;hui partout dans le m\u00e9diatique. Sc\u00e8ne et spectacle dans les deux cas. Et la guerre toujours en vedette avec strass et fracas.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Naissance d&#8217;une Nation<\/em> par narration donc.<\/strong> Cr\u00e9ation d&#8217;une fiction. Recr\u00e9ation de l&#8217;Histoire. Construction d&#8217;un r\u00e9cit pour justifier et anoblir les crimes de guerre qui ont engendr\u00e9s la Nation dans le sang avec l&#8217;esclavage et la guerre de s\u00e9cession. Cr\u00e9ation d&#8217;un sentiment d&#8217;Unit\u00e9 Nationale en jouant des \u00e9motions que soul\u00e8vent le spectacle grand format mu par une trame sc\u00e9naristique calqu\u00e9e sur le mod\u00e8le grec antique. Cr\u00e9ation d&#8217;un mythe qui fonctionne d&#8217;autant plus facilement qu&#8217;il est simple, voire simpliste \u00e0 comprendre et reproduire. Le mythe ne demande qu&#8217;un sentiment d&#8217;adh\u00e9sion pour vivre, avec communion dans le lynchage d&#8217;un bouc \u00e9missaire pour souder le collectif, sans autre motif de raison que de vouloir <em>appartenir<\/em> \u00e0 ce qui est port\u00e9e aux nues dans la projection, dans ce cas-ci, <em>cette<\/em> nation l\u00e0.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"505\" src=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/BirthNation-1024x505.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-9951\" srcset=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/BirthNation-1024x505.webp 1024w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/BirthNation-300x148.webp 300w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/BirthNation-768x379.webp 768w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/BirthNation.webp 1060w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Naissance d&#8217;une Nation<\/em> de Samuel Griffith (1915)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&#8217;imaginaire am\u00e9ricain, <\/strong>serait-ce &#8220;ce processus de <em>domestication, d&#8217;apprivoisement de ce qui est sauvage&#8221;<\/em> ? Le cin\u00e9ma a &#8220;sauvagis\u00e9&#8221; les natifs d&#8217;Am\u00e9rique et les esclaves noirs pendant des d\u00e9cennies dans ses images pour imposer l&#8217;image d&#8217;une Am\u00e9rique blanche bien sous tous rapports. Bertold Brecht : Si tu veux d\u00e9truire quelqu&#8217;un, qualifie le d&#8217;abord de &#8220;sauvage&#8221;. Persistance des motifs qui ont &#8220;justifi\u00e9&#8221; en Occident, la colonisation, l&#8217;apport de LA civilisation. Colonisation des terres hier, colonisation des esprits aujourd&#8217;hui. Le cin\u00e9ma, une captation pour une mise en cage ? A voir. D&#8217;abord un faisceau de lumi\u00e8re port\u00e9 par un voile de poussi\u00e8res, selon <a href=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/?p=9837\">un regard blanc<\/a>. Et beaucoup de noir. <em>&#8220;\u00d4 Obscurit\u00e9, ma lumi\u00e8re&#8221;<\/em> \u00e9crit Godart dans son <em>&#8220;Histoire(s) du cin\u00e9ma&#8221;<\/em>. Et si c&#8217;\u00e9tait justement dans ses noirs que r\u00e9sidait la force du cin\u00e9ma et sa capacit\u00e9 de retournement, geste ma\u00efeuticien s&#8217;il en est ? Retourner les cerveaux pour retourner les situation. Manivelle, caravelle. La force du cinema est avant tout d&#8217;offrir la possibilit\u00e9 d&#8217;un voyage, aux imaginaires comme aux id\u00e9es pour traverser le temps et s&#8217;inscrire dans les memoires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Echo de sagesse am\u00e9rindienne. <\/strong><em>&#8220;Ils nous mis (comme lumi\u00e8re noire) en terre, ils ignoraient que nous \u00e9tions graines&#8221;<\/em>. Retournement de situation. Les Etats-Unis perdent la mise aujourd&#8217;hui avec la mont\u00e9e de la Chine \u00e9paul\u00e9e par des BRICS sur le plan international, et sont travers\u00e9s par une profonde remise en question de leur mod\u00e8le et crise de leurs croyances. Le d\u00e9clin pr\u00e9coce pointe son nez; Et pas que sur le plan \u00e9conomique. L&#8217;Asie envahit \u00e0 son tour les \u00e9crans avec ses superproductions calqu\u00e9es sur le modele hollywoodien qui mettent en sc\u00e8ne sa culture, ses valeurs et son histoire. Paradoxalement, jamais les souffrances et chants transfigur\u00e9s des natifs et esclaves d&#8217;Am\u00e9rique, longtemps honnis dans les films, n&#8217;ont autant fait retentir leurs cris et leur silence par les voies m\u00eames que les USA ont prise pour marquer les esprits \u00e0 travers le monde, des yourtes de Mongolie \u00e0 la France. Esprit de lutte contre les injustices, valorisation de l&#8217;individu et sa d\u00e9termination, esprit de r\u00e9sistance, retour \u00e0 la terre, communion avec tous les \u00eatres et tous les mondes (Avatar), renversements de pouvoirs injustes&#8230; se retrouvent d\u00e9sormais dans des films de tous les continents et inspirent jusqu&#8217;\u00e0 des artistes et r\u00e9alisations chinoises. C&#8217;est peu dire que les zArts sont libres et finissent par \u00e9chapper \u00e0 leurs ma\u00eetres. Ne sont-ce pas les seuls t\u00e9moignages qui restent d&#8217;une civilisation apr\u00e8s leur extinction et table rase ? Dicton \u00e0 retenir en guise de le\u00e7on : &#8220;<strong><em>Dans la savane, si les lions sont rois, les z\u00e8bres font signe&#8221;.<\/em><\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p><strong>En cin\u00e9ma, le film projet\u00e9 est r\u00e9fl\u00e9chie sur \u00e9cran, \u00e0 raison de 24 images ET 24 NOIRS par seconde. <\/strong>M\u00e9canique de la cam\u00e9ra comme du projecteur qui actionnent un obturateur. L&#8217;\u0153il re\u00e7oit un rebond qui fait IMAGE dans le temps et qui comprend moiti\u00e9 de noir noir. Une abscence totale d&#8217;images (mais pas de son) pendant une moiti\u00e9de seconde. Une part de non-vu qui porte tous les possibles et qui laisse au spectateur la possibilit\u00e9 de vivre sa part dans l&#8217;Invisible. Et signe pour le cr\u00e9ateur la possibilit\u00e9 intrins\u00e8que qu&#8217;offre cet art de contourner les digues. Martin Scorsese, r\u00e9alisateur am\u00e9ricain de la c\u00f4te Est en butte avec Hollywood, connu pour le caract\u00e8re subversif de son cin\u00e9ma, compare le cin\u00e9aste \u00e0 un contrebandier et dit que tout l&#8217;Art de cet art, est justement de faire passer sa cargaison en douce. Une des raisons pour lesquelles le monde de la mafia et des brigands occupe une si large place dans les histoires port\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9cran ? Ce ne sont pas les succ\u00e8s du <em>Parrain<\/em> de Coppola ou <em>Casino<\/em> du dit Scorsese, et ceux de tous les films actuels qui mettent en sc\u00e8ne des barons de la drogue ou des espions qui me contrediront. Mais pour faire passer quoi ? Beaucoup de h\u00e9ros de cin\u00e9ma sont des petits malfrats dont la petite histoire contient la Grande. Image d&#8217;une humanit\u00e9 libre r\u00e9duite \u00e0 agir dans le monde <em>en louced\u00e9<\/em> pour le changer, ou simplement survivre ? &#8220;\u00d4 Obscurit\u00e9, ma lumi\u00e8re&#8221; disait Godard. Pour s\u00fbr il ne parlait pas que du noir des images. Le personnage de voyou embl\u00e9matique de son film A BOUT DE SOUFFLE jou\u00e9 par Belmondo, qui sacra la Nouvelle Vague et changea la face du film, finira \u00e0 terre dans la rue sur ces mots : &#8220;C&#8217;est d\u00e9gueulasse !&#8221;. Et la jeune vendeuse du New York Times qui pris son dernier souffle dans la derni\u00e8re prise, de dire &#8220;Qu&#8217;est ce que c&#8217;est, DEGUEULASSE ?&#8221;. Des gueules lasses ? Ainsi finit le cin\u00e9ma chez Godard, de guerre lasse apr\u00e8s avoir tent\u00e9 pendant plus d&#8217;une d\u00e9cennie de changer le monde avec son cin\u00e9ma. Pour rappeler en cin\u00e9ma, au Cin\u00e9ma, que la vie de l&#8217;homme de la rue il a oubli\u00e9 et qu&#8217;il doit, pour finir, y retourner s&#8217;il veut retrouver sa force ? Les toutes premi\u00e8res images tourn\u00e9es ne furent-elles pas la Sortie des ouvriers de l&#8217;usine des fr\u00e8res Lumi\u00e8re depuis le trottoir d&#8217;en face, avec l&#8217;entr\u00e9e d&#8217;une locomotive fumante plein cadre sur les quais de La Ciotat ? Retour en gare. Le cin\u00e9ma est un enfant de la r\u00e9volution industrielle. N\u00e9 avec elle, il a mut\u00e9 avec elle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La t\u00e9l\u00e9vision a pris d&#8217;assaut la rue et pris le relais dans la formation des imaginaires et la conduite des esprits. <\/strong>Foules nagu\u00e8re en marche. Aujourd&#8217;hui clou\u00e9es sur place, plomb\u00e9es par des mires en barres. Miradors. La t\u00e9l\u00e9vision encadre aussi surement qu&#8217;elle encage comme nous le verrons dans un prochain article sur son \u00e9volution. \u00c0 l&#8217;inverse du poste (de police?) que l&#8217;on regarde enwagonn\u00e9 dans son chez soi, le cin\u00e9ma appelait un bain dans un lieu collectif pour faire fusion. Op\u00e9ra en mode majeur. Danse vibratoire des chairs devant l&#8217;oscillation de la lumi\u00e8re. Communion dans le noir. Hier dans les salles, aujourd&#8217;hui sous la voute, le cin\u00e9ma a pris la tangeante pour survivre. Il a comme d\u00e9couvert le calcul int\u00e9gral pour sortir du compte \u00e0 deux balles et \u00e9tendre sa surface. Il est devenu SPATIAL et tend \u00e0 se faire de plus en plus exp\u00e9rience pour concurrencer l&#8217;essor des jeux vid\u00e9os et du virtuel qui le talonnent dans son domaine d&#8217;exp\u00e9rience. De lion rugissant, une partie de lui a mut\u00e9 en P\u00e9gase. Le cin\u00e9ma de production culmine aujourd&#8217;hui avec des projections sous d\u00f4me g\u00e9ant en relief et des gros succ\u00e8s au box office qui prennent r\u00e9guli\u00e8rement l&#8217;Univers interstellaire pour d\u00e9cor et des vaisseaux sans roues pour voyage : 2001 Odyssey de l&#8217;Espace, Star Wars, Interstellar, Avatar,&#8230; Il a troqu\u00e9 la manivelle pour l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9. Il s&#8217;est fondu dans la lumi\u00e8re pour rejoindre ses origines, engendrant de dr\u00f4les de cr\u00e9atures au passage, \u00e0 commencer par ce monstre froid, le calculateur HAL de la station orbitale de 2001 Odyssey de l&#8217;espace. Quant au cin\u00e9ma de cr\u00e9ation et le cin\u00e9ma dit &#8220;ind\u00e9pendant&#8221;, \u00e9conomes car modestes en moyens, ils continuent leur route en investissant des Festivals comme le fameux Sundance, ou dans les lieux alternatifs, en se diffusant plein air la nuit dans des champs. Le Cin\u00e9ma, peut \u00eatre parce qu&#8217;il se forge int\u00e9rieurement dans le noir qu&#8217;il contient qui n&#8217;est pas sans \u00e9voquer la nuit, a rejoint par des sentes libres et des fibres le chemin des \u00e9toiles. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Qui dit nuit, dit aussi r\u00eave n&#8217;est ce pas ? <\/strong>Le cin\u00e9ma n\u00e9 en m\u00eame temps que la psychanalyse n&#8217;est pas sans entretenir des liens profonds et \u00e9troit avec la d\u00e9couverte de la psych\u00e9 humaine et de ses manifestations nocturnes. De r\u00eave \u00e0 Id\u00e9al il n&#8217;y a qu&#8217;un pas que nombre de r\u00e9alisateurs ont fait en mettant leur art au service ou l&#8217;illustration d&#8217;une id\u00e9e, d&#8217;un r\u00eave (Kurosawa, Fellini, Spielberg) ou DU r\u00eave tout court. Divertir ou instruire ? Amuser ou informer ? R\u00e9veiller ou endormir ? Lutter ou collaborer ? R\u00e9sister toujours ! Le cin\u00e9ma n&#8217;a pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 ses questionnements et turbulences. On se souvient de l&#8217;\u00e9poque Maccarthiste aux \u00c9tats-Unis dans les ann\u00e9es 50, au cours de laquelle m\u00eame des r\u00e9alisateurs comme Charlie Chaplin, cr\u00e9ateur-auteur-r\u00e9alisateur de CHARLOT, pauvre \u00e8re \u00e9pris d&#8217;amour \u00e9perdu acquis \u00e0 la solidarit\u00e9 et au partage, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9s de la possibilit\u00e9 de r\u00e9aliser des films et \u00e9troitement surveill\u00e9s par le  gouvernement pour avoir \u00e9t\u00e9 soup\u00e7onn\u00e9s de connivences et complicit\u00e9 avec le Communisme, alors ennemi de l&#8217;Am\u00e9rique capitaliste-ultra, en temps de guerre froide. Le Cin\u00e9ma a servi d&#8217;instrument de manipulation comme vecteur de lib\u00e9ration. Si de majeur il est devenu mineur en nos temps o\u00f9 t\u00e9l\u00e9vision et Internet ont pris la place de choix, s&#8217;il se complait aujourd&#8217;hui massivement dans la fange avec des productions \u00e0 grand spectacle vides et bruyantes, il n&#8217;en a pas moins produit des \u0153uvres qui se sont hiss\u00e9es au rang d&#8217;ART et continuent de faire jonction avec <em>la Beaut\u00e9<\/em>, spirituelle et libre, notamment dans les marges. Ce que T\u00e9l\u00e9vision et Internet peinent \u00e0 produire, \u00e9tant par d\u00e9finition des GROS M\u00c9DIAS DE MASSE, sis entre de puissantes mains de surcroit en prise directe avec les Pouvoirs dont les int\u00e9r\u00eats et aspirations sont toutes sauf artistiques et lib\u00e9ratrices. <br><br><strong>Qui dit peine ne dit pas impossible cependant <\/strong>comme nous le verrons. La t\u00e9l\u00e9vision a son mod\u00e8le propre et comme le Cin\u00e9ma, ses failles et tangentes qui lui offrent de s&#8217;ouvrir et d&#8217;ouvrir \u00e0 une autre Dimension. Nous mettrons l&#8217;accent sur les raisons et motivations que ce m\u00e9dia a eu de devenir un puissant instrument de manipulation au service de grandes corporations, en scrutant sa mati\u00e8re comme nous l&#8217;avons fait pour le Cin\u00e9ma, pour saisir et sentir le poids qu&#8217;elle a eu et qu&#8217;elle a toujours sur les populations, et en discerner les voies sp\u00e9cifiques d&#8217;\u00e9vasion. Les tentatives ne manquent pas. Elles \u00e9closent aujourd&#8217;hui avec plus ou moins de bonheur pour \u00e9chapper \u00e0 la fatalit\u00e9 inscrite dans sa gen\u00e8se qui porte ce dicton :<em><strong> &#8220;Faim de t\u00e9l\u00e9vision, fin de civilisation&#8221;<\/strong><\/em>. Du Cin\u00e9ma, dont on a vu qu&#8217;il avait mut\u00e9 en P\u00e9gase, l&#8217;on retiendra pour l&#8217;heure celui-ci jailli au c\u0153ur de cette r\u00e9flexion : <em style=\"\"><b>&#8220;Si dans la <\/b><\/em><strong><em>savane les lions sont rois, les z\u00e8bres font signe&#8221;.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous avez dit &#8220;z\u00e8bres&#8221; ? <\/strong>Merci d\u2019accueillir sur ces pages <strong>HS<\/strong> et <strong>Hippy\u00e9<\/strong> , deux z\u00e9br\u00e9s de la face qui reviendront r\u00e9guli\u00e8rement pointer leurs mines pour sabrer mes phrases. Ne dit-on pas qu\u2019un bon dessin vaut mieux qu\u2019un long discours ? Alors <em>Bijour, Bijoux<\/em> \u00a4 !<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/DESSIN-HS-HIPPYE-DICTONS.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10298\" style=\"width:469px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/DESSIN-HS-HIPPYE-DICTONS.jpg 1024w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/DESSIN-HS-HIPPYE-DICTONS-300x300.jpg 300w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/DESSIN-HS-HIPPYE-DICTONS-150x150.jpg 150w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/DESSIN-HS-HIPPYE-DICTONS-768x768.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">HS et Hippy\u00e9 (c) Dens 2024<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>\u00a4 <em>Bijour Bijoux<\/em> ! Formule de salut d\u2019un autre fanfaron sur le grill de ces pages, le personnage de Keudal, cr\u00e9\u00e9 et incarn\u00e9 pour accompagner le personnage de Madal, EN LIVE ! A d\u00e9couvrir par<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=y74WA-oEbBs\" data-rel=\"lightbox-video-0\"> ICI<\/a>. Ouvrez grandes les mirettes et les esgourdes, \u00e7a fouette en f\u00eate dans les \u00e9toiles !<\/p>\n\n\n\n<p><em>(Extrait Journal du 26 novembre 2006, remani\u00e9 et augment\u00e9 pour l&#8217;occasion)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Brin d&#8217;id\u00e9es muries apr\u00e8s visionnage d&#8217;un documentaire sur l&#8217;Histoire de l&#8217;Am\u00e9rique, vue \u00e0 travers le Cin\u00e9ma et ses d\u00e9buts.. Echo en ce d\u00e9but<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":10174,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[668],"tags":[539,140,181],"class_list":["post-9825","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-histoire","tag-cinema-2","tag-fiction","tag-nation","two-columns"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ericdesneux.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9825","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ericdesneux.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ericdesneux.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ericdesneux.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ericdesneux.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9825"}],"version-history":[{"count":401,"href":"https:\/\/ericdesneux.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9825\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10691,"href":"https:\/\/ericdesneux.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9825\/revisions\/10691"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ericdesneux.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/10174"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ericdesneux.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9825"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ericdesneux.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9825"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ericdesneux.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9825"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}