{"id":9644,"date":"2024-01-29T10:31:00","date_gmt":"2024-01-29T10:31:00","guid":{"rendered":"https:\/\/ericdesneux.fr\/?p=9644"},"modified":"2024-08-06T20:51:15","modified_gmt":"2024-08-06T19:51:15","slug":"resurgences-de-richard-avedon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ericdesneux.fr\/?p=9644","title":{"rendered":"R\u00e9surgences de Richard AVEDON"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le dernier article publi\u00e9 dans cette rubrique ciblait la photographie. Il pr\u00e9sentait le photographe comme un &#8220;chasseur d&#8217;\u00e2mes&#8221; capable de saisir la part invisible d&#8217;un \u00eatre. Il rappelait aussi la g\u00e9mellit\u00e9 entre appareil photo et arme \u00e0 feu, et sugg\u00e9rait qu&#8217;une s\u00e9ance photo pouvait prendre les allures d&#8217;un duel o\u00f9 l&#8217;intensit\u00e9 c\u00f4toie la mort.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"355\" height=\"441\" src=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/AVEDON-OTO.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9654\" style=\"width:495px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/AVEDON-OTO.jpg 355w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/AVEDON-OTO-241x300.jpg 241w\" sizes=\"auto, (max-width: 355px) 100vw, 355px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ambigu\u00eft\u00e9 de toute expression, ou dualit\u00e9 propre \u00e0 cet art-ci inscrite dans la mati\u00e8re de ces images \u00e9crites en ombres et lumi\u00e8re ? La photographie a d\u00e9but\u00e9 en noir et blanc avec des plaques de chlorure d&#8217;argent et s&#8217;est enrichie de la couleur avec le bromure du m\u00eame m\u00e9tal. Elle lorgne aujourd&#8217;hui avec les d\u00e9veloppements de l&#8217;optique et du num\u00e9rique vers l&#8217;hyper-r\u00e9alisme au piqu\u00e9 plus net que ce que l&#8217;\u0153il humain peut saisir, pour produire des images qui peuvent tromper les regards les plus aguerris.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De voile fragile aux allures de suaire tout droit sorti d&#8217;un bain r\u00e9v\u00e9lateur de lumi\u00e8re, la photographie est devenue le miroir gla\u00e7ant de nos vies, jusqu&#8217;\u00e0 traquer le moindre de nos mouvements , figer notre identit\u00e9 sur papier et servir de t\u00e9moignage ou de preuve \u00e0 charge selon en cas de litige au tribunal. Elle est devenue aussi la confidente de nos moments intimes et la gardienne de nos souvenirs.<br><br>L&#8217;art du portrait concentre tout cela en un SHOOT. En noir et blanc c&#8217;est l&#8217;\u00e2me qui est vis\u00e9e. Le photographe capte l&#8217;invisible d&#8217;un \u00eatre avec sa part d&#8217;ombre et de lumi\u00e8re. Il peut faire de ce &#8220;vol&#8221; un envol pour le regard, comme il peut le figer glac\u00e9 pour une \u00e9ternit\u00e9. Le regardeur est aussi \u00e9metteur-sabreur. Andr\u00e9 Breton parlait de la force \u00e9jaculatrice de l&#8217;\u0153il. Les rebouteux parlent de l&#8217;\u0153il noir. La photographie peut se faire Lumi\u00e8re en lumi\u00e8re ou Ombre dans la nuit. Communion ou virage au noir. Perp\u00e9tuation d&#8217;une \u00e9tinc\u00e8le de vie ou extinction du regard.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"709\" height=\"720\" src=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/avedon-marilyn.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9656\" srcset=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/avedon-marilyn.jpg 709w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/avedon-marilyn-295x300.jpg 295w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 100vw, 709px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Marylin Monroe par Avedon, 1957<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>&#8220;Si chaque photographie vole un peu de l\u2019\u00e2me, ne serait-il pas vraisemblable que je confie des morceaux de moi chaque fois que je prends une photo\u2009?\u202f\u00bb<\/em> confiait Richard Avedon, photographe de mode et \u00ab&nbsp;portraitiste&nbsp;\u00bb am\u00e9ricain du XX\u00e8me si\u00e8cle, c\u00e9l\u00e8bre pour ses photos de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s mondaines publi\u00e9es dans le magazine VOGUE, et ses portraits de femmes et hommes du commun rencontr\u00e9s en sillonnant les routes de l&#8217;Ouest am\u00e9ricain de 1979 \u00e0 1984.<br><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"625\" height=\"400\" src=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/AVEDON-americanwest.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9668\" style=\"width:765px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/AVEDON-americanwest.jpg 625w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/AVEDON-americanwest-300x192.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 625px) 100vw, 625px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2008 s&#8217;est tenue une r\u00e9trospective de son \u0153uvre au mus\u00e9e du Jeu de paume \u00e0 Paris. L\u2019exposition regroupait 270 \u0153uvres retra\u00e7ant l\u2019ensemble de sa carri\u00e8re de 1946 \u00e0 2004, enrichie d\u2019une quarantaine de photos de la s\u00e9rie&nbsp;<em>In the American West<\/em>. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"613\" height=\"370\" src=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/AVEDON-EXPO.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-9662\" style=\"width:761px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/AVEDON-EXPO.png 613w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/AVEDON-EXPO-300x181.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 613px) 100vw, 613px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tirages grand format, portraits plein cadre en noir et blanc, minimalisme de la composition, fort contraste, piqu\u00e9 de l&#8217;image saisissant, l&#8217;exposition offrait l&#8217;opportunit\u00e9 d&#8217;un face \u00e0 face intime les yeux dans les yeux avec les visages. Un mus\u00e9e prend toujours peu prou des allures de mausol\u00e9e, impression renforc\u00e9e ici par les clich\u00e9s de nombreux d\u00e9funts c\u00e9l\u00e8bres, rest\u00e9s vivants dans les m\u00e9moires. Bain d&#8217;union en eaux fortes. L&#8217;intense contraste des photographies \u00e9toil\u00e9es dans l&#8217;espace nu percutent l&#8217;\u00e2me, arr\u00eatent un instant le temps. De capt\u00e9s les figures deviennent captivantes. Qui fusille qui du regard ? <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"531\" height=\"550\" src=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/avedon-visage.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9660\" srcset=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/avedon-visage.jpg 531w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/avedon-visage-290x300.jpg 290w\" sizes=\"auto, (max-width: 531px) 100vw, 531px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avedon se d\u00e9fend de faire autre chose que de capter la surface des personnes qui se confie \u00e0 sa cam\u00e9ra. On ressent quand m\u00eame profond\u00e9ment qu\u2019il cherche \u00e0 capter la v\u00e9rit\u00e9 de ces \u00eatres, c\u2019est \u00e0 tout le moins la premi\u00e8re impression qu\u2019il m\u2019est venu face \u00e0 ces grands portraits en noir et blanc qui dressent leur figure hi\u00e9ratique, \u00e9nigmatique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En parcourant l\u2019exposition, j\u2019ai eu le sentiment que ces photographies restituaient quelque chose d&#8217;un un face \u00e0 face avec la mort. Et puis m\u00e9ditant sur l\u2019acte de prendre la lumi\u00e8re d\u2019un \u00eatre et de la coucher sur papier, je me suis dit que cette approche \u00e9tait peut \u00eatre celle de toute la photographie pour s&#8217;engager dans un corps \u00e0 corps avec la vie. Dans l&#8217;espoir d&#8217;y faire surgir la VIE ? Si vivre c&#8217;est lutter, lutter c&#8217;est r\u00e9sister. Il y a de la r\u00e9sistance dans ces images, ce qui fait leur \u00e9trange beaut\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant je m\u2019imaginais qu\u2019il s\u2019agissait, en captant \u00ab\u00a0l\u2019instant d\u00e9cisif\u00a0\u00bb ou en \u00ab\u00a0imprimant son sentiment po\u00e9tique\u00a0\u00bb au monde, \u00ab\u00a0regard\u00e9, v\u00e9cu parce que regard\u00e9\u00a0\u00bb, d\u2019en faire saillir la vie, le sel de l\u2019existence, de jeter une lumi\u00e8re sur des ombres r\u00e9put\u00e9es imp\u00e9n\u00e9trables. Bref je pensais que photographier \u00e9tait un acte de naissance, un geste qui donnait vie. Je me rends compte en parcourant cette exposition, que je ne suis qu\u2019un mort en sursis qui vient glaner quelque indice de vie au milieu d\u2019un charnier dont s&#8217;\u00e9chappe des nu\u00e9es imperceptibles qui nappent l&#8217;espace de fibres invisibles. Que capte vraiment le photographe ? Ces photons que je crois enferr\u00e9s sur papier, ne voyagent-ils pas ? Qu&#8217;\u00e9mettent-ils dans leur \u00e9chapp\u00e9e pour percer mon regard et l&#8217;arreter ? <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une image arr\u00eat\u00e9e, c\u2019est un peu un tombeau ouvert, et le face \u00e0 face avec une photographie, une veill\u00e9e fun\u00e8bre. On vient s\u2019enqu\u00e9rir des morts\u00a0! On t\u00e2te de l&#8217;\u0153il leur suaire. On questionne leur regard. On cherche \u00e0 capter le myst\u00e8re de leur existence pass\u00e9e et de leur pr\u00e9sence pr\u00e9sente entre deux pens\u00e9es, on voudrait lire sur leurs l\u00e8vres closes et dans leur regard, la r\u00e9ponse aux sourdes angoisses et questions muettes qu&#8217;ils portent dans cet instant d\u00e9cisif sur leurs visages qui traversent le temps.<br><br>Cet \u00e9clair de vie ou d&#8217;abandon, qui me saisit ou me fait tanguer selon, que je scrute et capte dans cette photographie, est-ce une partie de vous retenue ici ou une partie de moi qui rejoint votre monde ? O\u00f9 vous tenez vous aujourd&#8217;hui ? O\u00f9 nous tenons nous ensemble ? Avez vous fait le voyage jusqu&#8217;\u00e0 moi ou est-ce moi qui vous ai rejoint dans cet espace infini qui se d\u00e9ploie entre vous et moi jusque dans le moment o\u00f9 j&#8217;\u00e9cris ces lignes  ? Force de la Pens\u00e9e que de voyager sans limites. La photographie arr\u00eate le temps un instant, pour le prolonger potentiellement \u00e0 l&#8217;infini.  C&#8217;est le paradoxe qu&#8217;elle manie pour se faire Art et rejoindre cette part de la Cr\u00e9ation qui n&#8217;a <em>ni commencement ni fin.<\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"811\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/redowens-811x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9659\" style=\"width:573px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/redowens-811x1024.jpg 811w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/redowens-238x300.jpg 238w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/redowens-768x970.jpg 768w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/redowens-1216x1536.jpg 1216w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/redowens-1170x1478.jpg 1170w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/redowens.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 811px) 100vw, 811px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Richard Avedon; Red Owens, Oil Field Worker, Velma, Oklahoma, 1980<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les portraits les plus saisissants sont pour la plupart ceux dont ceux dont le regard et la pr\u00e9sence toute enti\u00e8re du corps arr\u00eat\u00e9, fixent intens\u00e9ment presque avec angoisse, l\u2019objectif ou \u00e0 l&#8217;inverse s&#8217;abandonnent au regard du photographe, telle Marilyn Monroe pour lui confier un dernier soupir en suspens avant de s&#8217;\u00e9vanouir. Le regard de Red Owens surtout, m\u2019a donn\u00e9 l\u2019impression qu\u2019il avait conscience dans l\u2019instant du d\u00e9clic, que la mort le travaillait en lui-m\u00eame pr\u00eate \u00e0 surgir et qu&#8217;il la contemplait en puissance. Miracle de la prise, la vie passe et reste comme suspendu entre deux eaux. Force de ce regard qui fait face \u00e0 l&#8217;insondable en soi et le d\u00e9ploie muettement dans l&#8217;espace. Force de la photographie de faire se prolonger l&#8217;instant et nous offrir de nous tenir devant l&#8217;abime sans nom dans un moment d&#8217;abandon ou de ressaisissement selon. Glissement d&#8217;un voile, envol d&#8217;une voile. L&#8217;invisible reste insaisissable. Le myst\u00e8re de la vie inviolable.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"579\" src=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/malcolmx-1024x579.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9661\" srcset=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/malcolmx-1024x579.jpg 1024w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/malcolmx-300x170.jpg 300w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/malcolmx-768x434.jpg 768w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/malcolmx-1170x661.jpg 1170w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/malcolmx.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi tous les clich\u00e9s expos\u00e9s, deux \u00eatres seulement se d\u00e9robent\u00a0\u00e0 l&#8217;objectif et la fixation de la cam\u00e9ra dans un bref mouvement furtif: Louis Amstrong et Malcom X. Manifestent-ils ainsi leur volont\u00e9 de d\u00e9fier ou de (sur)vivre \u00e0 l\u2019acte photographique ?  De ne pas se laisser pi\u00e9ger par un arr\u00eat\u00e9 ? De renvoyer notre regard ailleurs, de nous emporter dans un mouvement, une vrille de vie ? Ou de jouer et se jouer de la prise tout simplement en connivence avec le photographe qui a laiss\u00e9 vivre ces images dans son anthologie ?  <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"399\" height=\"470\" src=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/richard-avedon-louis-armstrong.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9658\" style=\"width:737px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/richard-avedon-louis-armstrong.jpg 399w, https:\/\/ericdesneux.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/richard-avedon-louis-armstrong-255x300.jpg 255w\" sizes=\"auto, (max-width: 399px) 100vw, 399px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le piqu\u00e9 est tenue pour la marque d&#8217;un bon clich\u00e9 et le flou, l&#8217;ennemi du photographe, qui cherche \u00e0 arr\u00eater le temps et saisir l&#8217;instant. Richard Avedon, pass\u00e9 ma\u00eetre dans l&#8217;art de saisir ses images, a laiss\u00e9 Amstrong, \u00e2me forte s&#8217;il en est, courir plus vite que l&#8217;obturateur pour jaillir en flamme devant l&#8217;objectif. Le flou est devenu depuis un motif r\u00e9current de la photographie associ\u00e9e aujourd&#8217;hui commun\u00e9ment \u00e0 <em>la disparition<\/em> dans ces expressions les plus contemporaines.<br><br>Annonce et d\u00e9fi que lance aujourd&#8217;hui le monde \u00e0 la photographie devenue omnipr\u00e9sente dans nos environnements, pour qu&#8217;elle m\u00eame reste en vie, ou reste &#8220;en chasse&#8221; tout simplement ? Garder L&#8217;\u0153il aux aguets comme qui dirait&#8230; Il y a bien des traits qui arr\u00eatent un instant notre regard pour le prolonger en l&#8217;envoyer Ailleurs en permettant \u00e0 l&#8217;homme de garder sa lumi\u00e8re pour faire voyager sa Lumi\u00e8re. La peinture est de ceux l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pass\u00e9e au second plan depuis l&#8217;envahissement de la photographie, du cin\u00e9ma et des \u00e9crans, elle avait annonc\u00e9 sa propre disparition d\u00e8s 1914 par un simple quadrangle noir sur fond blanc. Geste iconoclaste s&#8217;il en est, qui a gard\u00e9 toute sa puissance de message en r\u00e9serve comme nous le verrons. Elle resurgit cependant aujourd&#8217;hui sur les murs des villes, en zone urbaine soustraite aux regards, loin des lieux en vue. Aurait-elle pris le maquis pour nous montrer ce que nous ne pouvons ou ne voulons plus voir ? Pour s\u00fbre, elle se cache. Pour entrer dans le jeu du photographe ? <br><br><a href=\"https:\/\/ericdesneux.fr\/?p=9630\">En chasse ! Gare aux regards !<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le dernier article publi\u00e9 dans cette rubrique ciblait la photographie. 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