{"id":7685,"date":"2024-01-23T00:19:16","date_gmt":"2024-01-23T00:19:16","guid":{"rendered":"https:\/\/ericdesneux.fr\/?p=7685"},"modified":"2025-06-18T14:19:28","modified_gmt":"2025-06-18T13:19:28","slug":"songe-dune-nuit-dautomne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ericdesneux.fr\/?p=7685","title":{"rendered":"Songe d&#8217;une nuit d&#8217;automne"},"content":{"rendered":"\n<p>Echo d&#8217;images qui me hantent depuis 25 ans. La restitution brut de fonderie d&#8217;un passage de mes carnets datant de 1990.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Dans la nuit du 6 au 7 octobre 1990<\/em><br><br>Dans une chambre, un lit, une table, une fen\u00eatre et un pan de mur ouvert sur le vide. Des \u00e9tag\u00e8res. Ma chambre. Je suis allong\u00e9 sur le lit plong\u00e9 dans une profonde r\u00eaverie.<\/p>\n\n\n\n<p>Un homme. Un jeune homme qui m&#8217;a paru intelligent, ferme et d\u00e9cid\u00e9 est entr\u00e9. Si il n&#8217;y avait pas eu ce sourire qui me rappelle ceux que le diable emporte, je n&#8217;aurais peut \u00eatre pas dout\u00e9 de lui quand il m&#8217;a dit : <em>\u00ab&nbsp;je suis J\u00e9sus ; donne moi \u00e0 manger&nbsp;\u00bb<\/em>. Je suis frapp\u00e9 par les mots que cet homme v\u00eatu d&#8217;une tunique blanche qui fait allusion \u00e0 sa nature transfigur\u00e9e, prononce et je me demande maintenant s&#8217;il le sourire qu&#8217;il pointe, n&#8217;est pas d\u00e9rision de sa part. Pendant un instant, je le vois avec mes propres traits.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur une table, (il s&#8217;agit de mon bureau habituel) une tasse. Une coupe rose et blanche orn\u00e9e comme celle dans laquelle j&#8217;ai bu hier un th\u00e9. Mais plus grande. Cet homme qui avait mon regard me dit : <em>\u00ab&nbsp; Je suis J\u00e9sus et voit ce pain rassis. Je te montrerai avant la fin de ton r\u00eave de quoi je suis capable&nbsp;\u00bb. <\/em>Il pris une tranche de pain et la mange. Je ne me rends pas tout de suite compte que le pain est devenu frais quand il le porte \u00e0 sa bouche et je guette durant tout le r\u00eave le Signe que annonc\u00e9. Le reste de la conversation devient floue et distante. Une m\u00e9sentente. Moi douteux attendant un signe, une preuve. Lui parlant indiff\u00e9rent \u00e0 mon trouble. Je refusais de l&#8217;\u00e9couter n&#8217;entendant que le coin de ses l\u00e8vres.<\/p>\n\n\n\n<p>Il vient me dire de cesser ma vie \u00e9go\u00efste, de me tourner vers les autres et de les appeler \u00e0 faire de m\u00eame et m&#8217;en montre la voie : je me l\u00e8ve, quitte mon lieu de d\u00e9lice, alors m\u00eame que le mur d&#8217;\u00e9tag\u00e8res qui ceint le lit sur la gauche, s&#8217;ouvre sur un autre espace dans lequel je m&#8217;engage. Et puis le mur. Ce pan bris\u00e9, absent donnant sur le vide. A ce stade j\u2019ignore si ce vide est ce que je vois ou ce que je ressens. Car ma m\u00e9moire me sugg\u00e8re davantage comme un couloir, un passage. La maison semble se prolonger, et je d\u00e9couvre une immense pi\u00e8ce bord\u00e9e d&#8217;une longue baie vitr\u00e9e, qui m\u2019\u00e9voque la salle de r\u00e9union d\u2019un conseil d\u2019administration.<\/p>\n\n\n\n<p>Une assembl\u00e9e si\u00e8ge, ou plut\u00f4t, un petit groupe de jeunes gens est r\u00e9uni p\u00e8le m\u00eale au bout d&#8217;une longue table oblongue (ou rectangulaire). Je me suis lev\u00e9 du lit pour me diriger vers eux. Certains sont debout, d&#8217;autres assis sur la table. Ils sont d\u00e9contract\u00e9s. Tous bavardent. Parmi eux, je reconnais ma s\u0153ur peut \u00eatre, arch\u00e9type de la classe moyenne, peu soucieuse du monde et de ses affaires. Au fond de la pi\u00e8ce, \u00e0 l&#8217;autre bout de l\u00e0 o\u00f9 je me tiens, une porte par l&#8217;entreb\u00e2illure de laquelle je devine un petit groupe d&#8217;hommes v\u00eatus \u00e0 la XIX\u00e8me en haut de forme avec costards pingouins, se r\u00e9jouissant. Le petit monde du capitalisme financier qui dirige la donne ? La grande pi\u00e8ce est pourvue d&#8217;une immense baie vitr\u00e9e qui surplombe le monde et offre au regard un vaste panorama rouge sang. Paysage vallonn\u00e9 dont on ne distingue aucun d\u00e9tail, \u00e0 l\u2019exception d\u2019un large fleuve qui sillonne au creux de la vall\u00e9e qui charrie ses eaux rouges. Le paysage s\u2019\u00e9tire jusque dans le lointain. A l&#8217;horizon monts et ciel se confondent dans la droite lign\u00e9e de mon regard. C&#8217;est le couchant. Le couchant de notre civilisation toute enti\u00e8re qui semble l\u00e0 envahi par les ravages de la guerre. <\/p>\n\n\n\n<p>Debout dans la salle surplombant la sc\u00e8ne, je fais face \u00e0 une une femme regarde \u00e0 droite. Je me retourne vers la gauche, h\u00e9sitant, et vois J\u00e9sus. Il est rest\u00e9 \u00e0 sa place. M\u00eame s&#8217;il me parait loin, son regard p\u00e8se sur moi. Je prends un air angoiss\u00e9 comme pour lui dire \u00ab&nbsp;dois-je vraiment faire ceci?&nbsp;\u00bb. Son impassibilit\u00e9 ne me laisse aucun doute sur ce qu\u2019il attend de moi. Les personnes rassembl\u00e9es continuent leurs bavardages. Leur indiff\u00e9rence \u00e0 ma pr\u00e9sence et \u00e0 ce que je voudrais leur dire, me blesse et rend difficile mon avanc\u00e9e vers eux. Ces hommes semblent ignorer que dehors la Terre et le Ciel sont rouges, que le soleil comme suspendu \u00e0 quelques pas du firmament baigne dans un halot rouge sang et que leur insouciance frivole les emp\u00eache de voir le drame qui se d\u00e9roule au dehors des pieds de la b\u00e2tisse o\u00f9 ils se tiennent jusqu&#8217;au firmament. La femme devant moi jette un \u0153il par la baie vitr\u00e9e. Je lui crie : <em>\u00ab&nbsp;non pas par l\u00e0 ; Regarde&nbsp;\u00bb<\/em>, en lui montrant la droite. <em>\u00ab&nbsp;Le ciel est rouge&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em>. Ma voix est imposante et pourtant je suis calme. La menace que cette nouvelle porte en elle ne semble \u00e9vident que pour moi. Les hommes pr\u00e9sents ne semblent pas s&#8217;en pr\u00e9occuper. Mais la femme rest\u00e9e devant moi se tourne vers l\u2019horizon et pour la premi\u00e8re fois je ne sais si le soleil se l\u00e8ve ou s&#8217;il se couche. L&#8217;assembl\u00e9e de jeunes gens toute enti\u00e8re pr\u00eate d\u00e9sormais attention au dehors. Ils semblent s\u2019interroger sur ce qui s\u2019y passe. Satisfait, Je retourne sur mes pas. A peine de retour dans ma chambre je me r\u00e9veille.<\/p>\n\n\n\n<p>Fin du r\u00eave. Revenu \u00e0 la conscience, je prends note de ce songe et des circonstances dans lesquelles il est survenu. Je note :  j&#8217;aurai nourri mon r\u00eave de cette encre rouge que je travaille depuis quelques jours, de cette vue sur le soir d&#8217;un soleil couchant d\u00e9voilant une immense coul\u00e9e de sang. Je repense \u00e0 ces pas, ces mille et uns pas que j&#8217;entends marcher dans les airs sur une cadence binaire et r\u00e9p\u00e9t\u00e9e. TAC TAC, TAC TAC. Ces bruits secs de bottes clout\u00e9es reviennent sans cesse. Ils ferrent mes r\u00eaves, hantent mes jours. J&#8217;entends la guerre. Je vois la guerre, je peins la guerre. Alors que tout parait si calme.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Echo d&#8217;images qui me hantent depuis 25 ans. La restitution brut de fonderie d&#8217;un passage de mes carnets datant de 1990. 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